Il y a des films que l’on rate au cinéma, que l’on redécouvre sur une plateforme un soir de pluie, et qui laissent une question en suspens longtemps après le générique. 65 : La Terre d’avant est de ceux-là.
- Ce que raconte 65 : La Terre d’avant — le pitch qui valait de l’or
- Le flop en salle : autopsie d’un échec évitable
- La résurrection sur les plateformes : de Prime Video à Netflix
- Une suite à 65 : La Terre d’avant est-elle officiellement envisagée ?
- Scénarios possibles : si une suite existait, que raconterait-elle ?
- Les réalisateurs sont passés à autre chose — et c’est révélateur
- Verdict : faut-il encore espérer une suite ?
Le 15 mars 2026, 65 : La Terre d’avant débarquait sur Netflix — exactement trois ans jour pour jour après sa sortie en salles. Un anniversaire discret pour un film qui a eu une vie étrange : boudé au cinéma, redécouvert sur Prime Video, et désormais disponible sur une deuxième plateforme majeure. Ce retour sous les projecteurs streaming a mécaniquement relancé une question que les fans posent depuis 2023 : est-ce qu’une suite est encore possible ? La réponse honnête tient en peu de mots. Mais les raisons derrière cette réponse, elles, méritent qu’on les examine sérieusement — parce qu’elles révèlent quelque chose d’intéressant sur la manière dont Hollywood traite les films du milieu de gamme à l’ère du streaming.
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Ce que raconte 65 : La Terre d’avant — le pitch qui valait de l’or
Le concept de 65 : La Terre d’avant est l’un des plus malins de ces dernières années, et c’est précisément ce qui rend son parcours commercial si frustrant à analyser. Mills, pilote originaire de la planète Somaris, accepte une mission de deux ans dans l’espace lointain pour financer les soins de sa fille gravement malade. Son vaisseau est frappé par un champ d’astéroïdes et s’écrase sur une planète non répertoriée. Sauf que cette planète, c’est la Terre — il y a 65 millions d’années, quelques semaines avant l’impact de l’astéroïde qui allait tout effacer.
Mills n’est pas seul : il retrouve Koa, une fillette d’environ neuf ans, unique autre survivante du crash. Ils ne parlent pas la même langue. Ils doivent rallier la navette de secours, à quinze kilomètres à travers une forêt préhistorique peuplée de créatures dont ils ignorent tout. Scott Beck et Bryan Woods ont abordé le film comme un récit de genre resserré, mêlant action, suspense et tension, avec une approche volontairement minimaliste : suggérer la menace plutôt que tout montrer.
Sur le papier, tout était réuni. Le film est produit par Sam Raimi, pointure du cinéma de genre depuis ses débuts avec Evil Dead , et porté par Adam Driver, l’un des acteurs les plus bankable de sa génération. Un pitch percutant, un réalisateur solide, une star reconnue. Et pourtant.
Le flop en salle : autopsie d’un échec évitable
65 : La Terre d’avant est l’un des naufrages commerciaux les plus documentés de 2023. Avec un budget de 45 millions de dollars, le film n’a récolté que 60,7 millions dans le monde, et à peine plus de 300 000 entrées en France. Pour un blockbuster de science-fiction porté par une star de premier plan, c’est une déroute.
Plusieurs facteurs ont contribué à cet échec, et il est important de les distinguer — parce qu’ils n’ont pas tous le même poids dans l’équation d’une éventuelle suite :
- Un titre cryptique : « 65 » ne dit rien sans contexte. Le sous-titre français « La Terre d’avant » aide, mais en anglais, le film s’appelait simplement 65 — un chiffre sans signification immédiate pour le grand public.
- Une communication quasi inexistante : Sony Pictures a parachuté le film en salles avec une certaine discrétion, comme si le studio ne savait pas trop quoi faire de ce thriller de science-fiction. Aucun événement promotionnel notable, aucune campagne d’affichage massive.
- Un timing catastrophique : sorti en même temps que Scream VI, le film est passé relativement inaperçu face à la campagne marketing monstre de la franchise.
- Un bouche-à-oreille négatif : les critiques presse ont été globalement sévères, et le public a suivi — ou plutôt, n’a pas suivi.
À retenir : l’échec de 65 en salle est davantage le résultat d’une stratégie de distribution ratée que d’un film fondamentalement non commercial. C’est une nuance qui compte pour évaluer ses chances de suite.
La résurrection sur les plateformes : de Prime Video à Netflix
Ce qui se passe après la salle est plus intéressant. Depuis son arrivée sur Prime Video, 65 : La Terre d’avant est entré dans le Top 10 des films les plus vus de la plateforme , trouvant enfin le public qui lui avait fait défaut au cinéma. Et en mars 2026, le film arrive sur Netflix — ce qui signifie que Sony a jugé le titre suffisamment attractif pour le licencier à une deuxième plateforme majeure, trois ans après sa sortie.
Ce double rebond streaming n’est pas anodin. Il indique que le film a une vraie vie commerciale en dehors des salles, qu’il continue de trouver des spectateurs, et que Sony n’a pas simplement rangé le titre dans un tiroir. Ce sont des signaux faibles — mais ce sont des signaux.
On pense ici à des précédents comme Dredd (2012) ou Edge of Tomorrow (2014), deux films qui ont fait des cartons relatifs en salle avant de devenir de véritables phénomènes de streaming, au point de relancer des conversations sérieuses sur des suites. Dredd attend encore la sienne. Edge of Tomorrow 2 est en développement depuis dix ans. La réhabilitation streaming n’est pas une garantie — mais elle rouvre des portes.
Une suite à 65 : La Terre d’avant est-elle officiellement envisagée ?
Soyons directs : non, aucune suite n’est officiellement en développement. Ni Sony Pictures, ni Scott Beck et Bryan Woods, ni Adam Driver n’ont communiqué la moindre intention d’aller dans cette direction. Le silence est total, et dans l’industrie, le silence prolongé sur ce type de projet signifie généralement que personne n’y travaille activement.
La structure narrative du film lui-même ne facilite pas les choses. L’histoire de Mills se referme sur elle-même de façon relativement complète — pas de cliffhanger, pas de menace en suspens, pas de personnage secondaire qui attendrait dans les coulisses d’un hypothétique épisode 2. C’est une qualité de cohérence scénaristique rare dans un Hollywood obsédé par les univers étendus, mais c’est aussi un frein évident à toute continuation directe.
Du côté des réalisateurs, Scott Beck et Bryan Woods ont confié avoir voulu faire un film qui rendrait fous de joie leurs versions enfantines âgées de onze ans — une déclaration qui évoque davantage l’accomplissement d’un rêve personnel que le premier volet d’une franchise planifiée.
Scénarios possibles : si une suite existait, que raconterait-elle ?
L’exercice est spéculatif, mais il est légitime — et les résultats sont plus riches qu’on ne le pense au premier abord. L’univers de 65 est délibérément sous-exploré : la planète Somaris, sa technologie, son histoire, ses autres habitants, la raison profonde de la mission du Zoïc… Autant de fils narratifs laissés en suspens, pas par paresse, mais par choix minimaliste.
Trois directions se dessinent naturellement :
- Un préquel sur Somaris : explorer la civilisation d’origine de Mills, ses avancées technologiques, les raisons de sa mission — et peut-être découvrir que d’autres vaisseaux ont connu le même sort. Ce format permettrait de construire une mythologie sans contraindre les personnages originaux.
- Une suite centrée sur Koa : la fillette rentre chez elle — mais dans quel état psychologique ? Une histoire sur sa reconstruction, des années plus tard, pourrait fonctionner comme un récit indépendant avec un lien émotionnel fort au premier film.
- Une anthologie thématique : le format le plus ambitieux — et le moins probable commercialement. Chaque volet suivrait un habitant de Somaris échoué sur Terre à une époque différente. L’âge glaciaire. Les débuts de l’humanité. La préhistoire européenne. Un univers partagé sans continuité directe, à la manière de Cloverfield.
Ce dernier format est celui qui colle le mieux à l’ADN du film : des histoires de survie intenses, des duos improbables, un environnement hostile traité comme un monde alien. Mais il supposerait une ambition de franchise que Sony ne semble pas prêt à afficher pour l’instant.
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Les réalisateurs sont passés à autre chose — et c’est révélateur
Un indicateur souvent négligé dans les débats sur les suites : qu’est-ce que les créateurs font ensuite ? Scott Beck et Bryan Woods n’ont pas attendu un feu vert hypothétique. Après 65, le duo a enchaîné sur d’autres projets dans le cinéma de genre, confirmant qu’ils se considèrent comme des réalisateurs en mouvement, pas comme des gardiens d’une franchise en attente.
Quant à Adam Driver, son agenda parle de lui-même : collaborations avec des cinéastes de la trempe de Michael Mann et Francis Ford Coppola, une carrière construite sur la diversité des rôles plutôt que sur la récurrence d’un personnage. Mills ne semble pas être un rôle auquel il s’identifie au point de vouloir y revenir.
Verdict : faut-il encore espérer une suite ?
La réponse raisonnée est non — du moins pas dans les deux ou trois ans à venir. Les conditions économiques, la trajectoire des créateurs, et la structure narrative du film convergent vers la même conclusion : 65 : La Terre d’avant est probablement un film unique, complet en lui-même.
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Mais l’histoire du cinéma de genre est pleine de retournements. La nouvelle vie du film sur Netflix en 2026 va générer de nouveaux spectateurs, de nouvelles conversations, et peut-être de nouveaux chiffres qui feront réfléchir Sony. Si le film entre à nouveau dans un Top 10 mondial, la question redeviendra légitime. Dans l’industrie du streaming, les données d’audience ont parfois plus de pouvoir qu’un succès en salle trois ans après.
En attendant, la meilleure chose à faire est de le (re)découvrir pour ce qu’il est : un survival de science-fiction tendu, original dans son concept, imparfait dans son exécution, mais nettement plus intéressant que sa réputation ne le laisse croire.
Avez-vous vu 65 : La Terre d’avant ? Pensez-vous qu’une suite serait justifiée, ou le film se suffit-il à lui-même ? Partagez votre avis en commentaire — et si vous connaissez quelqu’un qui attend des nouvelles d’une séquelle, cet article est fait pour lui.